Du 16 au 21 septembre, notre extraction a relevé 492 prises de position dans 13 vidéos, chez 9 candidats, sur 31 sujets. La semaine a été dominée par Gabriel Attal (116 positions en trois séquences : son discours « Bâtissons les États-Unis d'Europe » le 18, l'interrogatoire de Benjamin Duhamel sur France 2 le 20, la présentation de son équipe de campagne le 21), par l'entrée en piste d'Éric Zemmour (90 positions dans un débat-fleuve face aux journalistes de BFMTV) et par le long entretien de Marine Le Pen avec Darius Rochebin sur LCI (82 positions). Nathalie Arthaud apparaît pour la première fois dans nos données (58 positions, débat organisé par Lutte ouvrière).

Aucun nouveau sondage n'a été publié : le dernier terrain reste celui de Harris Interactive, du 8 au 10 septembre.

L'Europe, sujet numéro un de la semaine

Pour la première fois depuis la rentrée, c'est l'intégration européenne qui arrive en tête des sujets abordés, devant l'industrie, le pouvoir d'achat et la fiscalité :

Intégration européenne39
Industrie & souveraineté37
Pouvoir d'achat33
Fiscalité33
Dette & dépense publique33
Immigration32
Ukraine / Russie22
Climat22
Nombre de prises de position relevées par sujet, 16–21 septembre.

Sur notre axe « fédéralisme / plus d'UE » (−2) à « souverainisme / moins d'UE » (+2), les candidats qui en ont parlé se rangent ainsi, en moyenne des positions de la semaine :

  • Gabriel Attal : −1,6 (18 positions). C'est le cœur de sa semaine : « Je propose de créer ces États-Unis d'Europe en faisant le premier référendum européen, c'est-à-dire une consultation simultanée dans tous les pays qui auront vocation à les intégrer », et sur France 2 : « Avec l'Union européenne, nous avons fait le marché unique. Avec l'euro, la monnaie unique. Ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de faire une économie unique. » Il ne se borne pas aux institutions : dette commune, « parapluie nucléaire européen », semi-conducteurs et « souveraineté cognitive » forment un même bloc.
  • Nathalie Arthaud : −1 (2 positions), par internationalisme plutôt que par européisme.
  • David Lisnard : +1 (1 position), contre les « distorsions de concurrence » entre l'Espagne, l'Italie et la France.
  • Éric Zemmour : +1,3 (3 positions).
  • Marine Le Pen : +1,4 (8 positions). Pas de sortie, mais un plafond : « la contribution nette ne peut pas être à plus de 6 milliards », et la suppression de « l'intégralité des surnormes » nationales.
  • Nicolas Dupont-Aignan : +1,9 (7 positions). Il est le seul à porter la sortie : « Je veux sortir de l'Union européenne pour rendre son indépendance à la France », et il relève lui-même l'isolement de cette position : « Plus personne ne veut sortir de l'Union. C'est sûr Marine Le Pen, y compris. »

Le prix du plein : six réponses

La flambée du carburant a fait parler presque tout le monde, et les réponses tracent une ligne nette entre baisse immédiate des taxes et refus de « sortir le chéquier ».

  • Fabien Roussel (RMC/BFMTV, 16 sept.) chiffre le plus loin : « nous demandons à ce qu'il y ait une baisse de la TVA immédiate de 20 à 5,5 % », carburant considéré comme produit de première nécessité, soit « 45 centimes du litre que l'on peut aujourd'hui baisser immédiatement » en y ajoutant la suppression des certificats d'économie d'énergie.
  • Nicolas Dupont-Aignan (Europe 1, 16 sept.) : « On supprime la TVA sur la taxe. [...] On supprime la contribution carbone, c'est 15 centimes de plus. On pourrait baisser de 30 à 40 centimes sans mettre en péril les finances du pays », en présentant la mesure comme transitoire.
  • Marine Le Pen (LCI, 16 sept.) : « Ça fait 5 ans maintenant que je dis qu'il faut baisser la TVA sur l'énergie. Pas seulement le carburant hein, l'électricité, le gaz, le fioul », avec une baisse de 14 à 18 € par plein annoncée.
  • Marine Tondelier (RMC, 18 sept.) soutient les ronds-points mais déplace la réponse vers le structurel : « mettre une pompe à chaleur chez vous qui divisera votre facture par 3 », isolation, leasing social, et une taxe à 66 % sur les superprofits pour financer.
  • Gabriel Attal (France 2, 20 sept.) refuse la mesure générale : « la réponse juste, c'est d'accompagner de manière ciblée les Français qui travaillent et qui doivent utiliser leur voiture pour aller travailler ».
  • David Lisnard (18 sept.) refuse tout : « sortir le chéquier de ces petits enfants, c'est facile hein. [...] c'est ce qui a flingué la France depuis 30 ans ». Sa réponse est la production et la baisse des prélèvements, pas le prix à la pompe.

Zemmour entre en piste, sur le terrain de Le Pen

Sur BFMTV le 17 septembre, Éric Zemmour a répondu qu'il « serai[t] candidat à la présidentielle », en assortissant la phrase d'un « si » ; nous le laissons pour l'instant en candidat probable. Sur le fond, ses 90 positions se concentrent sur l'immigration (24 positions, toutes à +2 sur notre axe fermeté), la laïcité (19) et la culture (14) : « je pense que l'immigration zéro ne suffit pas et qu'il faut passer à l'immigration négative à travers la remigration » ; « les allocations familiales pour les étrangers c'est terminé. Les APL c'est terminé. » ; et sur le voile, « j'ai d'ailleurs été le seul à soutenir cette proposition » d'interdiction dans la rue. Côté économie, il se présente en candidat de la baisse d'impôts : « nous sommes le pays le plus imposé du monde et donc je souhaite une grande politique de baisse d'impôts global » (CSG activité, impôts de production, droits de succession).

Le même jour ou presque, Marine Le Pen occupait le même terrain avec des formulations institutionnelles : des allocations familiales réservées aux Français, « il faut constitutionnaliser le droit des étrangers », et une Constitution dont « seul le peuple français devrait pouvoir la modifier », par référendum. Sur l'immigration, sa moyenne de la semaine est à +1,8 contre +2 pour Zemmour : la différence se joue moins sur l'axe que sur le vocabulaire, « invasion » et « remigration » chez l'un, « régulation des flux » et « priorité nationale » chez l'autre.

Aussi cette semaine

  • Nathalie Arthaud, première apparition dans nos données : un SMIC à « 2200 balles minimum » indexé sur le coût réel de la vie, « On travaillerait moins, mais on travaillerait tous », et la prise de contrôle des usines par les travailleurs. Elle qualifie de « révoltante » l'idée d'interdire le voile dans l'espace public.
  • Olivier Faure (BFMTV, 16 sept.), 14 positions autour de la primaire socialiste : « je plaide pour un socialisme écologique » et une réforme des institutions car « la Ve République, elle a quand même beaucoup vécu ».
  • Fabien Roussel s'oppose frontalement à la préférence nationale dans le logement : « La priorité, c'est pas la préférence nationale. La priorité, c'est de construire des logements pour que tout le monde puisse être bien logé. »
  • David Lisnard sur la dépense : « on a le record du monde de la dépense publique, on dépense plus d'argent qu'ailleurs, on a le record du monde des prélèvements obligatoires ».

Ce que nous n'avons pas compté

Dix vidéos de la semaine ont été écartées par notre garde-fou d'attribution : des plateaux où l'on parle du candidat sans lui (Glucksmann et Faure sur la primaire PS, Zemmour sur Europe 1 et BFMTV) et des commentaires de tiers (analyses YouTube de Lisnard, Tondelier, Roussel, du débat Attal–Maréchal). Nous avons aussi repéré que plusieurs entretiens circulaient en plusieurs copies : la même interview LCI de Marine Le Pen rediffusée deux fois sur sa chaîne, le débat de Zemmour publié par BFMTV et par lui-même, la matinale de Roussel diffusée à la fois sur RMC et BFMTV, celle de Dupont-Aignan sur Europe 1 et CNEWS, deux extraits d'Attal repris par franceinfo. Chaque prise de parole n'est désormais comptée qu'une fois, sur la version la plus complète ; c'est pourquoi le total de la semaine est de 492 positions et non de 665 comme extrait au départ.

Les positions citées sont extraites automatiquement des transcriptions, chacune adossée à une citation verbatim horodatée et vérifiable sur la fiche du candidat. Les moyennes par sujet sont des moyennes brutes des positions relevées sur la semaine, non pondérées. Les sondages proviennent de l'agrégation Wikipédia (CC BY-SA).